Il y a 44 ans, 42 morts dans un coup de grisou

Liévin 1974 : un témoin raconte

par Jacques Kmieciak
Publié le 20 décembre 2018 à 15:23

Ce jeudi 27 décembre 2018, un hommage sera rendu aux 42 victimes de la catastrophe qui affecta la fosse « 3 » à Liévin, il y a 44 ans. Jacques Kleinpeter y a perdu trois de ses proches. Il se souvient.

Cheminot, Jacques Kleinpeter habite Paris à l’époque. Il passe les fêtes de Noël avec sa famille à Liévin où il est né. « Je devais aussi fêter mes cinq ans de mariage le 27 décembre 1974. Or, ce fût tout autre  », souligne-t-il avec émotion. En effet, « vers 8h, j’ai entendu au transistor qu’un "coup de grisou" venait de se produire. Rapidement, nous nous sommes rendus, mon beau-père et moi, sur les lieux à la fosse 3, dite Saint-Amé. Toute la journée, dans le froid, nous avons attendu après des nouvelles données au compte-gouttes ».

Elles étaient mauvaises. « D’heure en heure, le nombre de tués augmentait… Quand j’ai vu les corbillards arriver avec une multitude de cercueils à l’intérieur, j’ai compris que la catastrophe allait être importante », poursuit-il. Le bilan est terrible : 42 morts, victimes d’un coup de grisou qui a provoqué une explosion de poussières.

Au fer rouge

« Dans l’après-midi, j’ai appris le décès de trois de mes proches : le frère de ma mère Pierre Godart, le parrain de mon épouse Jacques Thery, et Kléber Blanchart, de la famille de mon beau-frère », souligne-t-il. Ils auront droit à des funérailles nationales et aux mensonges de Jacques Chirac. « Le premier ministre a prétendu que toute la vérité serait faite sur cette catastrophe. Aucune vérité n’est sortie… On notera également l’éviction du juge Pascal qui avait essayé à sa façon de dévoiler un début de vérité. Jamais on ne saura ce qui s’est passé ce jour-là dans la taille des "Six-Sillons" », rappelle Jacques Kleinpet

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