Applaudir ne suffit plus

Publié le 19 juin 2020 à 09:27

À l’image de la société, le mouvement social aussi se déconfine. Depuis plusieurs semaines, dans différents cortèges, ils sont de plus en plus nombreux à réclamer ce nouveau monde tant attendu. Des dizaines de milliers de personnes rassemblées samedi à Paris, Lille et dans les grandes villes du pays pour exiger l’arrêt des violences policières et dénoncer le racisme dans la police. Un véritable raz-de-marée, une vague qui submerge une réalité trop souvent oubliée. Et mardi, là encore, des dizaines de milliers de soignants, de militants syndicaux et politiques venus exiger des moyens supplémentaires pour nos hôpitaux, la fin des fermetures de lits et des augmentations de salaires.
Ces deux mouvements se répondent, ils doivent se compléter, se renforcer et se nourrir... Ils traduisent tous deux les fractures que provoque le capitalisme, mais si « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage », pour reprendre les mots attribués à Jean Jaurès, alors la lutte doit porter en elle l’espoir comme le soleil levant porte en lui la possibilité d’un jour nouveau. Nous étions nombreux, nous en connaissions beaucoup qui applaudissaient chaque soir à leur balcon ou à leur fenêtre. Il est maintenant temps de mobiliser toutes ces personnes, ces voisins, ces ami·es à descendre dans la rue, à prendre position, à soutenir ceux qui luttent, ceux qui souffrent, ceux qui sont prêts à se sacrifier pour sauver des vies. Ils sont pompiers, infirmier·es, aide-soignant·es, femmes et hommes de ménage dans les hôpitaux. Ils ne veulent pas de médaille, ni de tape dans le dos, mais des moyens pour travailler et soigner dans les meilleures conditions.
Il y a 80 ans, Charles Tillon appelait les communistes français à entrer en résistance, à ne pas se résigner et à la « formation d’un gouvernement populaire face au fascisme » et au pouvoir de l’argent. Ce pouvoir toujours plus présent en 2020, celui qui guide la politique sanitaire d’un pays, qui détermine ce qui est nécessaire à la vie et ce qui n’est le pas. Il nous appartient aujourd’hui encore de faire vivre cet esprit de lutte, de rassemblement, de construire ce qui avait fait la force du front populaire. Cet espoir qu’un autre monde est possible, qu’une autre société est désirable. Cette nécessité de travailler avec l’autre sur ce qui nous rassemble, de discuter, de convaincre et de mobiliser ceux qui sont autour de nous. Applaudir ne suffit plus, le moment de nous rencontrer, d’échanger, de nous enrichir mutuellement et de construire est venu.

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