Bye bye numerus clausus… Bonjour numerus apertus !

par Lydie LYMER
Publié le 8 octobre 2021 à 11:47

Partout en France nous manquons de médecins. La faute au numerus clausus [1] qui limite le nombre de médecins formés dans nos facultés. C’est ce que tout le monde admet, y compris le gouvernement qui crée donc le numerus apertus [2] censé régler le problème. Sera-ce le cas ?
La voie d’accès aux études des professions de santé est depuis 2010 la première année commune des études de santé (Paces). Des concours de fin d’année permettent d’accéder à la deuxième année de médecine, maïeutique, odontologie et pharmacie (MMOP).
Depuis 2020, la Paces disparaît : le parcours d’accès spécifique santé (Pass) et la licence d’accès santé (LAS) ouvrent les portes de la seconde année MMOP. Le Pass donne 60 % des places en seconde année, et la LAS 40 %.
La réforme gouvernementale fait abusivement croire à la suppression du numerus clausus.
La première sélection se fait désormais via Parcoursup, qui tient compte des notes et du taux de réussite au bac dans le lycée d’origine, favorisant les candidats issus de pépinières à élites.
Les universités fixent, en partenariat avec les agences régionales de santé les effectifs à former dans les cinq ans en fonction des besoins. Ce numerus apertus varie d’une région à l’autre. Mais la capacité d’accueil des facultés est limitée, en matière de mètres carrés et de nombre de professeurs. Certaines universités choisissent de ne proposer que la LAS ou le Pass. La question de l’égalité des chances est posée.
Le redoublement est supprimé. En cas d’échec au Pass, l’étudiant intégrera une seconde année de LAS. L’échec au concours ou une année non validée renvoie à la case Parcoursup. Les cursus prévoient des passerelles de réorientation.
Pour beaucoup de jeunes, la blouse blanche ne restera qu’un rêve.
D’autres continueront et deviendront internes en médecine. Mais chaque fermeture de lit supprime un terrain de stage.
Les internes, qui représentent 40 % du personnel médical des hôpitaux, sont mal encadrés et travaillent jusqu’à 90 heures par semaine.
Ils ne sont pas encore diplômés que leur métier les épuise déjà. Un interne se suicide chaque mois.
La fin des déserts médicaux, c’est pas pour demain.

Notes :

[1numerus clausus : litt. nombre fermé qui limite le nombre de médecins formés.

[2numerus apertus : litt. nombre ouvert qui ne le limite plus... en apparence.