Labos pharmaceutiques

Halte aux aides publiques pour enrichir les actionnaires !

par Lydie LYMER
Publié le 17 septembre 2021 à 14:01 Mise à jour le 1er octobre 2021

Le 8 septembre, Sanofi annonçait le rachat pour 1,6 million d’euros de la biotech américaine Kadmon qui développe des traitements destinés aux patients ayant bénéficié d’une greffe d’organes.
Un mois plus tôt, le géant pharmaceutique français s’était offert aux États-Unis la firme Translate Bio, spécialiste de l’ARN messager (ARNm), pour un montant de 2,7 millions d’euros.
L’ARNm, technologie étudiée depuis quelques années, a connu une vive accélération avec la crise sanitaire durant laquelle les premiers vaccins basés sur ce principe ont été autorisés.
Sanofi entend libérer le potentiel de l’ARNm dans d’autres domaines tels que le traitement de maladies rares ou de certains cancers.
Le groupe français a tiré profit de la pandémie de Covid-19 par la demande accrue de médicaments tels que le Doliprane, lui ayant permis de verser 4 milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires en pleine crise économique.
Malgré sa bonne santé financière, le groupe a annoncé un énième plan de restructuration visant à réaliser 2 milliards d’économies d’ici 2022, notamment par la suppression d’un millier d’emplois.
Sanofi, parfaite caricature du capitalisme actionnarial prédateur, délocalise, détruit des emplois dans la recherche et le développement en France, tout en bénéficiant de cadeaux fiscaux.
450 postes de chercheurs sont ainsi fermés, ce qui n’empêche pas le groupe de toucher près de 150 millions d’euros de crédit impôt-recherche chaque année, soit près d’un milliard d’aides publiques au cours des dix dernières années.

Lydie LYMER,
Docteur en médecine