Urgence sanitaire ou économies budgétaires ?

Publié le 24 septembre 2021 à 14:13 Mise à jour le 1er octobre 2021

Avec l’accélération de la campagne vaccinale contre le Covid-19, les premiers vaccinodromes ont ouvert en France en avril dernier.
La rémunération des vaccinateurs a été fixée par un arrêté ministériel paru au Journal officiel le 5 février 2021, prévoyant le versement d’indemnités selon la profession. À geste et responsabilité équivalents, il existe clairement des inégalités salariales.
Un médecin est rémunéré 420 € la demi-journée de 4 heures, ou 105 € de l’heure si le temps de présence est inférieur à 4 heures, sachant que toute heure entamée est due.
Les médecins généralistes libéraux toucheront ultérieurement un forfait supplémentaire de 5,40 € par injection saisie dans les téléservices de l’assurance maladie pour faire face aux charges des cabinets fermés.
Les sages-femmes, pharmaciens et dentistes touchent 280 € la demi-journée, et les infirmiers 220 €, ou 55 € de l’heure. Le salaire des étudiants en médecine est de 12 € de l’heure, comme celui des pompiers. Un infirmier sapeur-pompier volontaire est rémunéré cinq fois moins que son homologue salarié. Pendant ce temps, les soldats du feu sont moins nombreux en caserne pour les départs en intervention. La question de l’équité devant la même mission d’intérêt public est posée.
Ces offres attractives ont contribué à la mise en compétition d’étudiants désireux d’augmenter leurs revenus. Elles ont certainement contribué à assécher les agences d’intérim, et pourraient expliquer les difficultés rencontrées cet été dans les hôpitaux pour assurer les remplacements durant les congés. Faute d’effectifs, des centaines de lits, des services de Smur ou d’urgences ont été fermés, comme à Senlis. Les urgences de la polyclinique d’Hénin-Beaumont ont été fermées la nuit. Depuis le 15 septembre, les urgences pédiatriques de l’hôpital de Douai sont fermées pour une durée non déterminée. On comprend mieux l’engorgement des urgences des établissements environnants !