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Le festival de l’Acharnière s’interesse aux Antilles et à Mayotte

par Philippe Allienne
Publié le 14 juin 2023 à 17:09 Mise à jour le 16 juin 2023

Pour sa 42ème édition, le festival audiovisuel régional « L’Acharnière » nous emmène notamment à Mayotte, aux Antilles et en Algérie. Avec bien-sûr des rétrospectives et une promenade dans la production audiovisuelle régionale. C’est jusqu’à ce dimanche 18 juin, à Lille, au cinéma Le Métropole. Une édition dédiée cette année au cinéaste Bruno Muel disparu le 14 avril dernier.

Avec Chalvet, La conquête de la dignité, la réalisatrice martiniquaise Camille Manduech propose un troisième volet de La Martinique aux Martiniquais. Elle y revient sur la répression de Chalvet, zone rurale près de la commune de Basse-Pointe, au nord de la Martinique. Une marche d’ouvriers agricoles en grève y avait été impitoyablement réprimée en février 1974. Les forces de l’ordre avaient tiré à balles réelles. Quarante ans après, Camille Manduech donne la parole à plusieurs protagonistes dont des victimes de ce drame, aux ouvrières et ouvriers agricoles mais aussi aux gérants d’exploitation, aux policiers et aux militants d’extrême gauche de l’époque.  Dans La Départementalisation de Mayotte, un documentaire de 59 minutes de Mamaye Idriss et François Lathuillière, on découvre les dessous du référendum du 29 mars 2009, à l’issue duquel les Mahorais se sont prononcés majoritairement l’intégration départementale de leur île à la métropole. Les réalisateurs racontent comment ce projet fut présenté à la population pendant la campagne. Ils expliquent les changements entraînés par ce nouveau statut. Au chapitre des rétrospectives proposées par le festival, on retiendra Aza Kivy, Étoile du matin (réalisé en 2020) où Nantenaina Lova se penche sur le combat de ceux qui luttent contre l’installation d’une gigantesque exploitation minière au sud-ouest de Madagascar. Aza Kivy signifie : « N’abandonnons pas. » Autre rétro, proposée en fin de festival : West Indies ou les Nègres marrons de la liberté est une comédie musicale politique consacrée à l’histoire des Antilles. Tournée dans l’usine Citroën Javel désaffectée, un lieu symbolique de l’exploitation du prolétariat immigré, ce film est pamphlet contre la colonisation française et la misère qu’elle a durablement créée aux Antilles et en Afrique. Dans le lot des réalisations régionales, soulignons aussi, parmi bien d’autres, la projection dimanche 18 juin à 14 heures, du dernier documentaire des Roubaisiens Leila Habchi et Benoît Prin : Pont Rompu, souvenirs d’une rénovation urbaine. Les spécialistes se souviendront que ces deux réalisateurs ont commencé à travailler au début des années 90 avec le film Exil à domicile qui racontait le destin de trois mères algériennes immigrées à Grande-Synthe, près de Dunkerque. Souvenirs, souvenirs.

Au programme

Vendredi 16 juin

14h : projection-débat pour les collégiens : « L »évolution de la représentation des banlieues » et rencontre avec Béatrice Dassié et Djamel Zaoui. 18h : Rétrospective « Le passé des îles des Antilles » avec la projection de « Chalvet, la conquête de la dignité »  20h : Rétrospective La départementalisation de Mayotte et rencontre avec la co-réalisatrice.

Samedi 17 juin

13h : Panorama et compétition (Production audio-visuelle régionale)

Dimanche 18 juin

11h – 13h : Production audio-visuelle régionale (suite) 14h : « Pont Rompu, souvenirs d’une rénovation urbaine », documentaire de Leïla Habchi et Benoît Prin. 18h  : Hommage à Bruno Muel

Rétrospective : 19h : Aza Kivy, étoile du matin (documentaire de 77 mn) 20 h : West Indies/Les nègres marrons de la liberté (film France/Algérie) Proclamation du palmarès et pot de clôture

Le festival est organisé par l’association « Une aventure délicate ».