Département du Nord

« Face à la crise, nous demandons l’ouverture en urgence d’un minimum social pour les plus jeunes »

Publié le 19 février 2021 à 17:26

Lors de la séance plénière du Département du Nord, lundi 15 février, Didier Manier, président du Groupe socialiste, radical et citoyen, et Charles Beauchamp, président du Groupe communiste, citoyens et apparentés, ont déposé une motion commune en vue de créer un « RSA jeune » en urgence pour faire face à la détresse des étudiants. La voici dans son intégralité :

Les jeunes représentent la moitié des pauvres en France. Et pourtant les 18-25 ans n’ont pas accès aux minima sociaux comme le RSA. Ils ont les mêmes devoirs mais moins de droits que les autres générations.
Eux aussi ont été frappés de plein fouet par la crise sanitaire. Moins contaminés par l’épidémie, ils se sont retrouvés isolés, privés de loisirs, désocialisés, en détresse psychique, dans des universités fermées, écartés du marché de l’emploi ou obligés de se brader.
Mais surtout, les jeunes ont basculé massivement dans la précarité qui s’est largement aggravée. Nous sommes devant le spectre d’une génération sacrifiée.
30 % des 18-25 ans ont renoncé à l’accès aux soins pendant la Covid-19 faute de moyens. 55 % des étudiants ont éprouvé des difficultés pour boucler leur budget alimentaire. 1 jeune sur 6 a interrompu ses études avec la crise.
Les chiffres sont catastrophiques. Les associations caritatives, le Secours catholique, ATD quart monde ou le Secours populaire n’ont pas cessé de sonner l’alerte. Les Restos du cœur soulignent que la moitié des personnes aidées par l’association ont moins de 25 ans.
Nous savons aussi que les perspectives ne sont guère positives. Le taux de chômage des jeunes actifs est jusqu’à 3 fois plus élevé. Plus de 35 % des jeunes actifs occupent un emploi précaire. L’âge moyen d’accès au premier CDI est proche de 29 ans et va encore reculer.
Les jeunes ont payé, payent et vont continuer à payer un lourd tribut à la crise. Y a-t-il une raison valable pour leur infliger de telles conditions de vie ou plutôt de survie ?
Face à l’urgence sociale, le gouvernement bricole et étudie la création de mesurettes comme un prêt de 10 000 euros : pousser les jeunes à s’endetter, une annonce révélatrice de son décalage et de son inaction depuis le début de la crise comme depuis le début du quinquennat.
Nous devons stopper le sacrifice social de la jeunesse et proposer un véritable plan d’accompagnement notamment des plus fragiles qui ne sont pas toujours boursiers et qui n’ont pas ou peu d’aides familiales. Les inégalités concernent aussi et fracturent en premier les jeunes. La crise n’est qu’un miroir grossissant des dégâts humains du système capitaliste.
Plusieurs initiatives parlementaires ont essaimé afin d’apporter un véritable filet de sécurité aux jeunes.
Conseillers départementaux du Nord, nous soutenons la création en urgence d’un minimum social inconditionnel ouvert aux 18-25 ans. Il pourrait être mis en place directement dans tous les départements.
Ce revenu de base permettrait aux jeunes concernés d’être plus sereins et d’envisager autrement leurs études, leur apprentissage ou leur insertion professionnelle. Comment poursuivre un projet personnel lorsque vous êtes dans l’angoisse pour gérer un budget de misère à l’euro près constamment obligé d’arbitrer entre loyer, factures, dépenses alimentaires, d’hygiène ou de santé ?
Certains réfléchissent sur notre destin collectif dans le « monde d’après ». Pour qu’il soit plus digne et plus juste, il s’agit, dès aujourd’hui, de ne pas oublier celles et ceux qui auront vu leur jeunesse et leur avenir durablement marqués par l’épidémie de la Covid-19.

 

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