La carte postale de JPM et Mémère

« L’Humanité, c’est aussi à Vierzon »

Publié le 27 juillet 2020 à 11:01 Mise à jour le 30 juillet 2020

Après ses aventures avec Günther pendant le confinement et ses interviews à La Chope, JPM est parti en vacances bien méritées. Sur la route avec Mémère, sa moto, il nous raconte les étapes de son voyage. Après la Sarthe, le voilà de retour à Vierzon, la ville de son enfance.

Chers lecteurs et lectrices,

Quand je dis que je suis né à Vierzon, on me regarde parfois avec pitié ou ironie. Certains même sont parfois condescendants. C’est injuste. La majorité des gens ne connaissent pas Vierzon. Alors je vous propose une carte postale de la sous-préfecture du Cher, 25 000 habitants, là où votre serviteur vit le jour, rue des Pentecôtes. Cette rue surplombe la gare. J’ai garé Mémère devant le numéro 7, là ou j’ai passé mon enfance. De ma chambre de gosse, j’entendais les annonces : « Le Mistral de 18 h 14 entre en gare ! », « départ du Capitole à 13 h 29 ».
Vierzon, c’était un nœud ferroviaire important. Habiter devant la gare, c’était un honneur, même si le charbon des locos (puis le fuel des motrices) posait une pellicule grasse sur les meubles. Cette gare était aussi un enjeu durant la guerre, les Alliés voulurent la bombarder en août 1944. La bombes tombèrent à côté, dans la forêt, précisément là où la population s’était réfugiée. Une cinquantaine de victimes. Les anciens ont tous quelque chose à raconter de cette époque, des souvenirs de la ligne de démarcation située sur le pont qui traverse le Cher, des Ausweis nécessaires pour aller voir des cousins, des messages cachés dans les chaussettes des jeunes filles à vélo...
Mémère et moi avons traversé le pont de Toulouse pour gagner le centre-ville. Crise oblige, Vierzon s’est vidée de ses habitants, des commerces ont fermé, chose facilitée par l’ouverture en périphérie, il y a une quinzaine d’années, d’un centre commercial et d’une galerie marchande mortifères. Mais il faut se rendre à l’évidence, quelque chose bouge à Vierzon.
C’est d’abord la mise en valeur de son passé industriel par le biais de son très intéressant musée, installé dans l’ancienne usine de tracteur, la « Société française de Vierzon ». C’est tout un patrimoine industriel que l’on y découvre. À Vierzon, y’avait l’usine Brouhot qui fabriquait des presses à paille, la Pointerie, les Verreries Thouvenin, les porcelaines et les grès du Berry, l’entreprise Denbac qui façonnait des bibelots animaliers, la briqueterie au bord de canal où, quelques années plus tard, je pêchais les écrevisses.
Mémère et moi nous sommes arrêtés dans le square Lucien-Beaufrère, tout au bord du Cher, non loin de son magnifique Auditorium art-déco. La ville a beaucoup investi dans ce quartier devenu élégant, clair, qui abrite aujourd’hui une « Micro-Folie », musée virtuel en partenariat avec La Villette. La veille, tapis, fauteuils, canapés avaient investi la rue du Maréchal-Foch, devenue, le temps d’une soirée, un immense espace de projection, convivial et éphémère. Décidément, Vierzon rajeunissait.
Tout en mangeant mon sandwich au bord de l’Yèvre, j’appelais François pour prendre des nouvelles de Günther. Ce dernier allait bien. Suite à un casting, il venait de décrocher un rôle récurent pour une série qui se passe dans un chenil. Balèze ce clebs. François rajouta : «  La Fête de l’Huma 2020 est annulée ! C’était la dernière à la Courneuve. » Merde alors ! Elle sera où alors, la prochaine ? J’ai eu une révélation ! La réponse, je l’avais sous les yeux. Une ville à 1 h 30 de Paris, facilement accessible en train ou en voiture, entourée de champs, pas loin de la Sologne et du vignoble de Quincy. C’est à Vierzon que devrait avoir lieu la Fête de l’Humanité 2021 !
J’ai appelé les copains de La Chope. L’idée les a séduits. Le slogan nous est venu tout de suite : « L’Humanité, c’est aussi à Vierzon. » Chers lecteurs, chères lectrices, si vous soutenez ma démarche, écrivez à Liberté Hebdo qui me transmettra vos messages. Je ne vous promets pas la lune, mais une photo dédicacée de Mémère et moi.

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