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L’impossible division

par Philippe Allienne
Publié le 5 mars 2021 à 11:21

Il n’y a pas de temps pour la gueule de bois. La décision prise par La France insoumise et Europe Écologie Les Verts de partir ensemble aux élections régionales de juin a certes pris de cours le PS et le PCF, mardi matin, alors que les négociations allaient bon train pour une liste d’union. Les raisons de ce que d’aucuns appelleront un revirement apparaîtront peut-être plus clairement un jour. Peu importe.
Depuis cinq ans, le Conseil régional des Hauts-de-France, emporté par Xavier Bertrand, fonctionne sans opposition progressiste. Le bilan est - en fonction des interprétations - lourd ou au contraire très léger. La situation sanitaire est catastrophique et ce n’est pas en stressant les habitants et habitantes de cette région, toujours dans l’attente des paroles gouvernementales du jeudi soir, que les choses sont près de s’arranger. Ce n’est pas non plus en stigmatisant les gens et en mettant en cause leur sérieux (comme ce fut le cas à l’encontre des Dunkerquois soupçonnés de carnavalite aiguë) que l’on règlera le problème des hôpitaux en manque de moyens et de personnels soignants, eux-mêmes au bord de la crise de nerf et pour certains en burn out.
Ce n’est pas non plus avec des incantations que l’on va régler la question des transports publics, leur gratuité, et ce faisant mettre un terme à la mise en concurrence des transports ferroviaires TER. La question des services publics, d’une façon plus générale, est cruciale et urgente. Les agents de la fonction publique n’ont eu de cesse de le clamer. Les citoyens en ont besoin et le disent avec force. Une volonté politique forte est indispensable pour leur défense.
On peut dire la même chose pour le monde de l’entreprise, pour l’industrie qui se prend des coups tous les jours et sur l’ensemble de notre région. L’industrie régionale a besoin du soutien de la Région et de ses élus. Et ce n’est pas une politique libérale qui viendra à son secours.
Pour tout cela, les Hauts-de-France ont besoin d’une politique tournée vers l’humain. La situation nouvelle survenue ce 2 mars ne peut amener à un renoncement. L’union doit demeurer l’objectif si les forces progressistes et écologistes veulent regagner l’hémicycle de la Région. Cette union est tout autant nécessaire pour faire disparaître cet épouvantail, celui de l’extrême droite, que l’on agite depuis trop longtemps sous le nez du peuple en lui manquant, ce faisant, du plus élémentaire des respects.