Accueil  >  Idées  >  L’édito

Quel drôle de nom pour un rebond attendu !

par Philippe Allienne
Publié le 6 mai 2022 à 11:09

Nupes. Quel drôle de nom pour cette formation de gauche nouvelle et qui peut surprendre à bien des égards. Mais par-delà ce nouvel acronyme pour Nouvelle union populaire écologique et sociale, force est de voir une réelle volonté des composantes de cette coalition (LFI, Verts, PCF, PS, NPA) de se battre contre la politique néo-libérale d’Emmanuel Macron. Les discussions auront été âpres. Mais l’essentiel qu’il faut retenir est bien là. Chacun, avec ses idées, ses choix et ses spécificités, avec son autonomie, entend démonter une idée qui courait depuis trop longtemps : la disparition de la gauche. Les attaques contre ce camp sont nombreuses et ne datent pas d’hier. En son temps, il aura même fallu qu’un milliardaire américain rappelle que la lutte des classes existe bien encore aujourd’hui. Mais il précise que c’est la sienne, celle des riches, qui est en train de la gagner.
En quelque sorte, la coalition qui se construit dans ce pays sert à prouver qu’il n’y a pas de fatalité. Non, la gauche n’est pas enterrée, non, le progressisme n’est pas un projet oublié. Ces derniers mois ont été marqués par des batailles d’idées et de projets de société fondamentaux. On a cruellement ironisé sur la « bonne bouffe » de Fabien Roussel et on l’a violemment critiqué sur les questions de sécurité en posant des contre-sens sur ses propos. On l’a attaqué sur la question du nucléaire en gommant le concept de mix énergétique qu’il défend, avant de convenir que, dans l’immédiat au moins…
Finalement, la campagne pour la présidentielle et les résultats du premier tour auront eu le mérite de remettre les pendules à l’heure.
Tandis que l’extrême droite ne cesse de monter et que le libéralisme a enclenché la vitesse supérieure, plus personne à gauche ne peut se contenter de regarder les trains qui, d’ailleurs, se raréfient ou passent à la concurrence étrangère. Les différences entre les formations politiques classées à gauche dans l’hémicycle ne doivent plus freiner le combat. Certes, contrairement à ce que l’on peut entendre ici ou là, la Nupes n’a rien d’un nouveau Front populaire façon 1936. Pas plus d’ailleurs que de l’union de la gauche de 1972. C’est autre chose et ce doit être une volonté. Une volonté de répondre aux attentes des Françaises et des Français qui ne veulent pas être réduits à une formule, soit-elle « premiers de cordée » ou « premiers de corvée ». Le pouvoir d’achat et les conditions d’une vie meilleure sont leur préoccupation. L’emploi et les conditions de travail en sont une autre. L’accès aux études, pour la jeunesse, est primordiale et il est nécessaire d’en supprimer les freins. Il faut donner aux étudiants les moyens d’étudier sereinement, il faut supprimer Parcoursup comme il faut abroger la loi El Khomri et les ordonnances Macron sur le travail, il faut assurer une retraite heureuse et à un âge raisonnable (60 ans) aux travailleurs. La liste n’est pas exhaustive.
Les représentants des classes populaires, du peuple de gauche, doivent acquérir la puissance nécessaire à l’Assemblée nationale. Les partis de gauche doivent mettre en avant ce qui les unit. Aucune majorité à gauche ne saurait se construire autrement. Nupes n’est pas Dupes. À celles et ceux qui ont cru, parfois et même souvent de bonne foi, essayer l’extrême droite, la gauche peut montrer que, sous une bannière commune, un autre choix porteur d’avenir et proche du peuple est possible.