12 000 selon les syndicats, 1 245 selon la police

par Lydie LYMER
Publié le 21 avril 2022 à 12:38

En mars 2020, alors que le Covid s’abattait sur le Grand Est, Emmanuel Macron assurait à Mulhouse que tout était mis en œuvre pour que « nos services de santé puissent faire face à la vague ».
Et on l’a vu ! Manque cruel de masques, inutiles avant d’être obligatoires. Sur-blouses confectionnées dans des sacs poubelle. Arrivée des tests au compte-goutte. Hôpitalthon faisant appel à la charité publique alors que l’Hôpital devrait être financé par l’État. Lamentable.
Depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, près de 18 000 lits ont été supprimés dont 5 700 en pleine pandémie. 60 hôpitaux ont fermé entre 2013 et 2018 alors qu’il était ministre de l’Économie jusqu’en 2016.
En campagne, il a osé revenir à Mulhouse et a promis « d’aller encore plus loin ».
Les mots filent : ça va saigner.
Où Emmanuel Macron va-t-il trouver les 50 000 infirmiers annoncés ? Sous le sabot d’un cheval ?
En pleine crise sanitaire, 15 000 personnes ont été suspendues de leur poste pour non-respect de l’obligation vaccinale. Mais les personnels vaccinés, en sous-effectif, doivent travailler même s’ils sont positifs.
Un homme est encore mort sur un brancard après 12 heures d’attente aux urgences de Strasbourg en mars dernier.
Les soignants demandaient des moyens pour soigner les patients dignement. Épuisés, ils s’en vont.
La Fédération hospitalière de France comptabilise 12 000 départs d’infirmiers et d’aides-soignants en 2020, entre démissions, retraites et non renouvellements de contrats. 1 245 selon la DGOS [1].
Marine Le Pen, elle, défend la priorité nationale. On ne peut imaginer comment seront soignés ceux qui ne sont pas blancs de peau. Elle réduira « drastiquement » le recours aux médecins diplômés hors Union européenne qui représentent 5 % des effectifs médicaux. Un appel du pied à l’électorat d’Éric Zemmour.
Elle formera 10 000 infirmiers par an, alors que 37 % des diplômés changent de métier dans les cinq ans.
Cerise sur le gâteau : la revalorisation salariale de 46 euros par rapport au Ségur. Même pas de quoi payer un plein d’essence.
Quel que soit le résultat du second tour, il faut préparer des stocks de vaseline. Parce que ça va faire mal.

Notes :

[1DGOS : Direction générale de l’offre de soins.