On paye à la nuitée !

par Lydie LYMER
Publié le 20 janvier 2023 à 10:14

Ils tiennent les comptes, les jeunes. Ils rentrent de plus en plus tard sur le marché du travail, en raison de l’allongement de la durée des études. Celui qui a le diplôme n’a pas l’expérience, et celui qui a l’expérience n’a pas les qualifications.
L’espérance de vie sans incapacité dans la vie quotidienne est de 64,1 ans pour les femmes et de 62,7 ans pour les hommes. À ce jour. Difficile de prévoir quels seront les impacts de la pollution, du réchauffement climatique ou des pandémies sur l’espérance de vie en bonne santé dans deux ou trois décennies. Ni la baisse du pouvoir d’achat qui constitue un obstacle à une alimentation de qualité.
Quel espoir ont-ils, ces jeunes, d’avoir le nombre d’annuités nécessaires pour pouvoir, à 64 ans, bénéficier d’une retraite à taux plein, et en profiter ?
Ils voient déjà leurs parents exposés à la pénibilité et aux risques professionnels, assister aux obsèques de leurs anciens collègues. Et ils devraient faire du rab. Quand on pense qu’Ambroise Croizat ne voulait pas que la retraite soit « l’antichambre de la mort »…
Qui n’a pas au boulot au moins un collègue en arrêt pour une maladie chronique ?
Depuis septembre, le gouvernement a lancé la chasse aux arrêts de travail. Rien que ceux délivrés en téléconsultation ont coûté cent millions d’euros l’an dernier.
Le recul de l’âge de départ à la retraite ne peut que s’accompagner d’une hausse du nombre d’actifs en invalidité ou en arrêt de travail. Surtout en fin de carrière. Les dépenses liées aux arrêts maladie
ont explosé avec la réforme de 2010 actant la retraite à 62 ans. Et les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets.
Sur le plan comptable, cette nouvelle réforme risque de se traduire par un important coût social. D’autant que le tronc de la Sécurité sociale s’est garni d’une nouvelle branche « autonomie » depuis l’année dernière. Mais le marcottage ne s’applique pas à la protection sociale. Pas besoin d’être jardinier pour comprendre que quand il y a trop de branches, il faut tailler. Autant dans le budget que dans le vif du sujet.
Pas étonnant que quel que soit leur âge, les gens aient les foies. Et qu’ils soient vent debout. Viscères au poing.