Pour les associations d’aide aux migrants

L’escalade des violences d’État à Calais rend tout dialogue impossible

Publié le 14 janvier 2022 à 11:09

Dix associations d’aide aux migrants, sur le littoral Calais-Dunkerque, dénoncent les violences commises régulièrement sur les personnes en exil. Invitées à une table ronde avec les autorités en sous-préfecture de Calais, le 7 janvier, elles ont décliné. Elles s’expliquent dans le communiqué suivant.

À la veille de cette réunion, le 6 janvier 2022, une opération d’expulsion avec déplacements forcés via des bus vers des villes éloignées de Calais, à l’instar de Nice ou Laon, a eu lieu à Coquelles. Des dizaines de tentes et de bâches ont été saisies, 76 personnes ont été éloignées de Calais et 16 arrêtées par la Police aux frontières.
Le 30 décembre 2021 et le 2 janvier 2022, des opérations d’expulsions ont été menées avec un usage disproportionné de la force (impliquant tirs de LBD et gaz lacrymogène).
Depuis le 1er décembre 2021, ont eu lieu 145 expulsions de lieux de vie, au moins 200 tentes et bâches ont été saisies, au moins 24 personnes ont été arrêtées dans le cadre de ces expulsions (source : Human Rights Observers, projet de l’Auberge des Migrants).
Par ailleurs, alors que la vigilance orange a été activée à deux reprises ces dernières semaines, les autorités ont refusé, malgré les demandes des associations, d’ouvrir un dispositif d’urgence de mise à l’abri à Calais que ce soit pour les personnes mineures ou majeures.
La politique d’entrave aux associations dans leur action humanitaire continue puisque le 18e arrêté anti-distribution a été publié le 12 décembre dernier alors que la sous-préfecture prétend vouloir favoriser un dialogue avec ces mêmes associations. De la même manière, la sous-préfecture invite des personnes exilées à échanger sur le dispositif humanitaire à Calais tout en les éloignant le même jour de manière forcée à l’autre bout de la France, rompant, de fait, toute possibilité de dialogue.
À Calais, la politique menée par les autorités maintient les personnes exilées dans une urgence constante, à laquelle nous, associations, vouons notre temps à répondre.
Cette politique ne permet pas la recherche de solutions pérennes pourtant primordiales. Nous renouvelons ici les demandes formulées par les grévistes de la faim, l’arrêt des expulsions de campement et de la confiscation des affaires personnelles pendant la période hivernale, l’ouverture d’un dialogue véritable, et donc porteur de véritables avancées, avec les autorités, ainsi que la mise en place d’un socle humanitaire suffisant pour répondre aux besoins de base des personnes exilées.

Signataires : L’Auberge des Migrants, Association Shanti, Collective Aid, ECPAT France, Human Rights Observers (HRO), Secours Catholique du Pas-de-Calais, Project Play, Calais Food Collective (CFC), Utopia 56, Refugee Info Bus, Collectif Faim Aux Frontières.