Remise en cause du droit à l’avortement :

Honte à la Cour suprême des États-Unis !

> Réaction de Michelle Gréaume, sénatrice du Nord

Publié le 1er juillet 2022 à 13:34

J’éprouve beaucoup de colère et d’indignation ce matin après la décision de la Cour suprême des États-Unis de révoquer le droit à l’avortement, droit protégé par la Constitution depuis 50 ans.
Les États américains sont désormais libres d’interdire ou de limiter très fortement le droit à l’interruption volontaire de grossesse. Sept d’entre eux ont déjà emboîté le pas à la Cour suprême et on estime que la moitié des femmes américaines pourrait être victime de ces interdictions ou limitations.
Cette décision est une « victoire » du mouvement conservateur le plus rétrograde et des intégristes religieux qui ont depuis des années le droit à l’avortement en ligne de mire. Les réactions de Donald Trump à cet égard sont sans équivoque. J’ai personnellement beaucoup de mal à entendre certains arguments sur le « respect du droit à la vie » quand parallèlement ces mêmes mouvements défendent bec et ongle le droit de porter des armes au non d’une liberté individuelle qui « ôte la vie » à 119 personnes par jour, selon les chiffres de l’ONG Gun Violence Archive.
Sans doute ne mesure-t-on pas encore la portée réelle et les conséquences de ce recul historique. En ce qui concerne le droit fondamental des femmes à disposer librement de leur corps. En matière de santé également. Toutes les études démontrent que l’interdiction ne réduit pas le nombre d’avortements. Elle les rend tout simplement beaucoup plus risqués et mortels en favorisant les pratiques dangereuses, qui constituent dans le monde la troisième cause de mortalité maternelle.
Ce qui se passe aux États-Unis, en Europe également où, par exemple, des femmes ukrainiennes réfugiées en Pologne sont empêchées d’avorter alors que cette pratique est légale dans leur pays, démontre, s’il le fallait encore, que les droits des femmes et en premier lieu le droit à l’avortement ne sont jamais définitivement acquis mais bien souvent les premiers à être remis en cause. Certains propos entendus lors de débats parlementaires encore récemment me font dire que la vigilance doit être constante. C’est pour cette raison que les sénateurs communistes ont déposé dès 2017 une proposition de loi visant à inscrire le droit à l’avortement, comme droit fondamental, dans la Constitution.
J’apporte toute ma solidarité et tout mon soutien aux femmes américaines qui se mobilisent aujourd’hui contre cette décision honteuse. Leur combat est celui de toutes celles et ceux qui, en France et dans le monde, sont attachés aux droits des femmes et aux droits humains.

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