Guesnain

« Il restera du positif à la fin »

Publié le 24 avril 2020 à 12:27

Maryline Lucas vient d’être réélue à la tête de la mairie de Guesnain avec 60 % des voix. Comme pour bien des maires communistes, sa fonction n’est pas un privilège, mais une somme d’obligations, de devoirs, de servitude volontaire.

En pleine pandémie, « ma vie de maire n’a pas changé » déclare- t-elle. C’est dire combien elle a à cœur la continuité des services. Présente en mairie tous les jours, elle veille au bon fonctionnement. Même si les bureaux sont fermés, l’accueil téléphonique est assuré. Documents administratifs, permis, état-civil, dossiers en cours... tout est traité par mail. « Nous devons veiller à maintenir tout qui ce draine de l’activité, tout ce qui est utile à la vie » souligne l’élue qui rappelle elle- même les personnes en difficulté. Elle veille aussi sur le personnel communal. Le travail est organisé par roulement, un jour sur trois, et sur la base du volontariat. En veillant à ce que chacun puisse gérer ses contraintes personnelles, familiales. Un personnel communal qui tient à remplir sa mission malgré les inquiétudes légitimes et qui soutient aussi l’action de l’élue, en première ligne pour mettre à l’abri le personnel au maximum.

Des masques pour les habitants

Au foyer logement aussi, sécurité oblige, des mesures ont été prises pour les résidents. Le portage des repas s’effectue désormais dans les chambres. Le nettoyage a été renforcé. Aucun cas de Covid-19 n’a été signalé pour le moment.Ancienne aide-soignante, Maryline Lucas en a gardé les réflexes. Tant pour les gestes d’hygiène que pour le sourire et le sens du partage. Elle assure elle-même les courses des personnes âgées de la commune.« Je reste sur le seuil, je respecte les gestes barrière, mais je trouve important cet échange, sans faire prendre de risques à quiconque. »

La question des masques déclenche une (saine) colère. « Les masques sont indispensables pour protéger les personnes des microbes que nous pourrions leur apporter. C’est indispensable pour les soignants » rappelle-t-elle. Mais elle s’inquiète des consignes sur les masques en tissu, de leur hygiène et surtout du manque de masques en papier, les plus utiles. Aujourd’hui, elle cherche à en commander pour les habitants de la commune. Les délais de livrai- son augmentent. Elle a partagé ceux qu’elle avait en stock avec les hôpitaux, les infirmiers. Et maintenant l’annonce du 11 mai l’inquiète pour la population. « Comment faire face si l’État ne fait pas le nécessaire ? » interroge l’élue. « Les masques commandés sont saisis sur les tarmacs d’aéroport. Qui paye ? Qui fournit ? L’État fait décrets sur décrets, ordonnances sur ordonnances, interdisant les visites de cimetières un jour, les fermant le lendemain, pareil pour les jardins familiaux. Nous, élus et maires, sommes en première ligne. Nous avons les questions et les réclamations » tempête-t-elle.

Le sous-préfet a bien été incapable de lui confirmer ce qui était pris en charge ou non. « Comment vont faire les communes qui n’ont pas les moyens ? » souffle-t-elle. Car effectivement, même si l’État annonce la mobilisation de milliards d’euros, ce sont pour l’instant les collectivités territoriales et les mairies qui prennent en charge tous les frais supplémentaires. « Les mairies ne peuvent pas compenser la défection du gouvernement. » Autre exemple, les services postaux, pour lesquels la mairie a dû s’assurer de la continuité par ses propres moyens, fournissant gel et marquage pour que le service puisse être assuré.

Mais l’important reste pour elle l’aspect humain. « Demain, il va falloir se remettre de ça. Tous les beaux gestes, les bonnes volontés, les actions faites par altruisme comptent énormément et améliorent nos rapports futurs. Les gens en difficulté retiendront les bons moments malgré le confinement » affirme, optimiste, l’élue. « Même avec la distance sociale, les quelques moments d’échange, de fraternité pendant le confinement font du bien à tout le monde. De nouveaux rapports se créent qui resteront, j’en suis sûre. »

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