Lettre ouverte

L’heure est venue

Publié le 24 avril 2020 à 19:38

Par Jean-Pierre Tonder [1]

La période d’épidémie de coronavirus que nous vivons est dramatique. Il y a des moments dans la vie où il faut dire les choses de manière claire. Il est évident que lorsqu’une pandémie nouvelle se développe il faut un peu de temps pour la connaître pour mieux la combattre. Mais ce que nous voyons ce sont les conséquences humaines de la destruction voulue et organisée de notre système de santé et de nos hôpitaux.

Les faits sont têtus. Suppression de dizaines de milliers de lits d’hôpitaux depuis plus de dix ans. Baisse des effectifs soignants. Nombre de masques et de protections insignifiant. Manque criant matériel respiratoire dans les services de réanimation. Manque de sur-blouses et stock très limité de médicaments essentiels. Fermetures d’unités de soin. Délocalisation des productions de matériels médicaux, etc. À ce jour des milliers de personnes ont été hospitalisées et des centaines sont décédées. Soit à l’hôpital ou dans les Ehpad. La mobilisation totale des soignants et des autres salariés sur leurs lieux de travail, leur dévouement, leur professionnalisme ne doit pas masquer cette casse, cette faillite des politiques mises en œuvre depuis des décennies. Les campagnes de communication organisées par le gouvernement, les mensonges ont pour objectif de minimiser, de cacher cette réalité, d’éviter que les
responsables soient désignés, nommés voire condamnés.

Sous les présidences Sarkozy, Hollande et maintenant Macron, cette casse a été décidée et amplifiée. La centaine de ministres désignés lors de ces trois présidences a validé ces choix et mis en œuvre leur application. Les centaines de députés et sénateurs ont eux aussi validé et voté ces choix dévastateurs. Ils et elles sont tous responsables des conséquences humaines de ces décisions. Responsables et j’ajoute coupables. Depuis des années et particulièrement durant l’année écoulée, ils ont refusé d’entendre tous les professionnels de santé qui appelaient d’urgence à changer de politique. Ces mêmes soignants ont été pour certains brutalisés et gazés par les forces de l’ordre sur décision du pouvoir en place. L’heure est à l’arrêt total de cette poli- tique et à donner des moyens importants au service public de la santé. À construire son développement pour l’avenir en donnant au personnel et autres acteurs concernés les droits et moyens pour y parvenir.

Notes :

[1Ancien directeur de Liberté Hebdo et membre de l’Association des lecteurs et amis de Liberté Hebdo.

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