Réforme des retraites

Les avocats plaident contre la réforme

par Philippe Allienne
Publié le 10 janvier 2020 à 19:01

Hélène Fontaine, jusque-là bâtonnier du barreau de Lille, est désormais présidente de la Conférence des bâtonniers, l’instance nationale qui regroupe les barreaux régionaux. Élue en juillet 2019, elle a pris ses fonctions le 1er janvier, juste au moment où, en lien avec le barreau de Paris, les avocats entrent dans le mouvement de grève contre le projet de réforme des retraites. Dans la région comme dans l’ensemble du pays, le mouvement est très dur. Avec le bâtonnier de Paris et le président du Conseil national des barreaux (163 barreaux en France et en outre-mer ), elle veut faire entendre des avocats face à la ministre de la Justice, Nicole Belloubet. Entretien.

Quelle est la spécificité de votre combat ?

Le gouvernement veut que les avocats intègrent le régime universel des retraites qu’il entend mettre en place. Or, nous n’avons pas de régime spécial mais un régime autonome. Après la guerre, comme on ne voulait pas des avocats dans le régime général, ces derniers ont créé leur propre caisse. Cette caisse est bien gérée, nous ne demandons rien et nous ne devons rien au gouvernement et notre régime est excédentaire. Nous voulons garder notre autonomie. Le gouvernement invoque, comme pour tous les autres régimes, la notion de solidarité. Nous sommes solidaires ! Comme nous sommes excédentaires nous reversons de l’argent au régime général. Ensuite, notre régime pose sur le principe d’une retraite de base de 1 400 euros quelle que soit la façon dont les avocats exercent leur métier, seuls ou au sein d’un grand cabinet. Or, le gouvernement veut augmenter notre taux de cotisation en le faisant passer de 14 % à 28 % et ramener notre retraite de base à 1 000 euros.

Des compensations ne sont-elles pas prévues ?

C’est ce que nous dit le gouvernement qui parle en effet de compensations et de diminution de la CSG. Mais il n’existe aucune certitude. Tout est flou. Alors que l’on nous parle de dialogue, nous avons au contraire l’impression que notre profession n’est ni comprise, ni écoutée. C’est d’ailleurs ce qui explique notre colère. Le principe d’une retraite universelle, qui peut a priori paraître juste, est en réalité parfaitement injuste. Les petites structures ne vont pas supporter l’augmentation des cotisations et risqueront de mettre la clé sous la porte. Nous ne pouvons l’accepter.

La grève des avocats est très suivie. Quelles sont les perspectives ?

Nous voulons renouer le dialogue avec la ministre de la Justice. Il faut que nous puissions avancer. Cela concerne l’avenir des jeunes avocats, mais cela concerne aussi l’ensemble des citoyens. Dans les Hauts-de- France , il n’y a pas de gr. Nous avons surtout affaire à des cabinets de taille moyenne et à de nombreux avocats qui travaillent seuls, parfois même sans secrétaire. Dans cette région comme ailleurs, de nombreux cabinets pourraient ainsi être touchés par cette réforme. Ce ne serait pas sans conséquence sur l’accès au droit des citoyens.

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