DOSSIER RETRAITES

Qu’attends le gouvernement pour retirer son projet ?

Les salariés aussi veulent passer les fêtes en famille

par FRANCK JAKUBEK
Publié le 20 décembre 2019 à 13:22

Participation plus forte que la semaine dernière, de l’avis de tous les observateurs, même si du côté du gouvernement, le refus de voir les choses en face est de plus en plus flagrant. La détermination ne faiblit pas du côté des organisations syndicales et bon nombre de gilets jaunes sont venus, en plus de la CFDT et de l’Unsa, renforcer les cortèges. Une unité syndicale qu’il convient de consolider. Le remplaçant de Delevoye sur le dossier de la réforme risque d’y contribuer rien que par son pedigree.

Guerre des chiffres ? Pas vraiment, chacun de ceux qui participent au mouvement sait le niveau de mobilisation. Il s’agit plutôt d’une bataille idéologique où les mots comptent double et le gouvernement active absolument toutes ses marionnettes pour masquer la réalité de la tromperie sur « son projet » de réforme des retraites. De l’avis général, la participation était bien plus forte mardi 17 décembre que le 12, tant à Valenciennes, qu’à Dunkerque, où la grève s’étend bien plus loin que le service public avec notamment Arcelor La secrétaire générale de l’Union locale CGT a appelé à renforcer et élargir le mouvement.

Manifestation dans le centre de Lille le 17 décembre.
© Franck Jakubek

À Boulogne-sur-Mer comme à Arras, la participation a encore progressé. Avec desfluctuations dues à l’accumulation de jours de grèves aussi. « J’ai fait deux jours cette semaine, deux la semaine précédente. J’essaie d’étaler pour ne pas perdre trop de jours sur ma paie. Nous perdons 1/30e par jour de grève » rappelle une enseignante dans la manif de Lille. Même sentiment aux finances publiques, où, depuis des semaines, les salariés sont mobilisés pour défendre les trésoreries et lutter contre la réforme en cours. Chez les hospitaliers , la grève se mène en plus en travaillant, la santé des patients avant tout.

Suite à son interpellation le 19 décembre, Samuel Tillet écope d’une amende et d’une convocation au tribunal le 11 mars. © Franck JAKUBEK/LH

Privé de manifestation

Le secrétaire général du syndicat CGT-énergie Lille Métropole, Samuel Tillet, a été interpellé le 19 décembre en fin de matinée sur la zone commerciale Auchan-Englos pour manifestation sans autorisation. De multiples coupures ont été opérées, sauf dans l’hypermarché doté d’un circuit indépendant. La police a emmené le secrétaire du syndicat au commissariat central de Lille où il a été auditionné en début d’après-midi en présence de son avocat. Suite à un rassemblement devant le commissariat de Lille-Sud, il a été libéré dans le courant d’après-midi mais n’a pas pu participer à la manifestation de jeudi après- midi. Il écope en plus d’une convocation devant le juge. Un rendez-vous où il risque fort d’être à nouveau accompagné de ses camarades.

Ces articles peuvent vous interesser :

Cargill Haubourdin Le soutien de la métallurgie CGT

« Si vous ne luttez pas, vous n’obtiendrez rien ! » C’est ce qu’est venu dire Ludovic Bouvier aux ouvriers de Cargill Haubourdin menacés par une restructuration. Le responsable régional de l’Union syndicale des travailleurs de la métallurgie CGT (USTM-CGT) est venu apporter son soutien lors de (...)

Lille Les Algériens fêtent le nouvel an berbère

La manifestation hebdomadaire des Algériens, place de la République à Lille, a donné l’occasion, samedi 11 janvier (soit avec un jour d’avance), de fêter Yennayer, le jour de l’an des Berbères. Si les slogans dégagistes et anti-système algérien étaient toujours scandés, des pâtisseries, fruits et (...)

RETRAITES Des manifestants fouillés

Le manifestant fait-il peur ? À Maubeuge, pour la journée d’action nationale contre la réforme des retraites du 16 janvier, tous ceux qui, en début d’après-midi (l’heure de ralliement était fixée à 14h) empruntaient le rond-point à proximité du lycée Pierre Forest étaient (...)

RETRAITES La fausse victoire de Laurent Berger

Un Premier ministre chez Delahousse à 20 h sur France 2 un dimanche soir ce n'est pas comme le matin sur Inter avec Léa Salamé. C'est plus dense. En plus du son, il y a l'image. Et le présentateur qui affiche un air sérieux. L'heure est grave quand même. La CFDT a pourtant décidé (...)

A la Une :

Lire aussi :