Gare de Lomme

Un rassemblement contre une nouvelle étape de démantèlement du service public

par Philippe Allienne
Publié le 12 février 2021 à 15:31

À Lomme, la réponse faite par la direction de la SNCF au maire Roger Vicot, qui demandait le maintien de la boutique (dans les locaux de l’ancienne gare de voyageurs) ne passe décidément pas (lire « SNCF : le temps du mépris »). Le rassemblement qui, ce samedi 6 février, a réuni de nombreux syndicalistes, élus de tous bords politiques (sauf LREM), associations et habitants a revêtu une forte valeur symbolique.
Organisé par le syndicat CGT des cheminots de Lille-Délivrance, il a fait figure de défense du service public.

« Vous avez encore en mémoire la précédente tentative, en catimini, de la direction de la SNCF de fermer notre gare en 2017, a rappelé le porte-parole de la CGT. À l’époque déjà, une pétition et l’alerte de nos élus, qui n’avaient même pas été informés, avaient permis de mettre en échec cette volonté. »
Cette fois, la SNCF profite de la crise sanitaire « qui conforte l’argument de la baisse de la fréquentation ». Les voyageurs se rendent en effet à la gare de Lomme pour acheter des billets ou demander des renseignements. Les intervenants, l’autre samedi, ont particulièrement insisté sur le contact humain qu’il faut sauvegarder avec un personnel informé et compétent.
Lors du conseil municipal de Lomme du 9 décembre, les élus du groupe Communistes, républicains et citoyens avaient mis en débat la question de la défense du service public et avaient demandé à l’ensemble du conseil d’envisager une action commune pour dire non à la suppression de la gare.

Roger Vicot, maire de Lomme, mobilisé contre la fermeture de la gare.
© Soizic Lozachmeur

Sur proposition du maire, les élus de tous les groupes présents, à l’exception du groupe « Faire respirer Lomme » (LREM) ont accepté de cosigner un courrier au directeur régional de la SNCF. Ils y font part de leurs vives inquiétudes et de leur refus de voir disparaître ce service public.
La réponse, signée de la directrice de l’Axe TGV Nord, est sans ambiguïté : « L’activité de la boutique de Lomme ne cesse de diminuer et n’est pas rentable. » Sauf que la rentabilité, ont dit les participants à l’unanimité, maire en tête, ne constitue pas l’objectif d’un service public.
La veille de la manifestation, une délégation a été reçue à Lille et s’est entendue opposer les arguments suivants : baisse fréquentation depuis plusieurs années, résultat d’exploitation négatif, la boutique n’est pas un service public financé par la région comme le TER. La direction de la SNCF, qui campe sur ses positions, a proposé une rencontre avec le maire de Lomme pour discuter de l’avenir du bâtiment.

Signature de la pétition contre la fermeture de la gare de Lomme.
© Ph A

Une contre-offensive est en train de se préparer avec, par exemple, une réunion en mairie de Lille et un « projet plus global pour rendre à cette gare sa vocation initiale » a-t-on par exemple entendu. Il a aussi été souligné que la gare est au cœur d’une convergence entre le métro, le bus et le train. À l’heure où l’on parle climat et transition écologiste, la fermeture ne semble décidément pas une mesure d’avenir.
Une pétition, qui avait déjà recueilli plus de 800 signatures, s’est encore étoffée, passant le cap des 900. Même parmi les élus de droite et du centre, on proposait un soutien non sans humour : « Il faut arrêter le train de cette décision. »

La mobilisation était soutenue par de nombreux élus, dont le sénateur communiste Éric Bocquet (au centre) qui a fait une intervention.
© Soizic Lozachmeur
Jeunes, syndicalistes, élus, habitants... tous étaient venus dire leur refus de cette fermeture.
© Soizic Lozachmeur

par Philippe Allienne