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FabienRoussel

« Nous voulons reprendre en main le pouvoir économique »

par Philippe Allienne
Publié le 3 septembre 2021 à 10:36

Lors de son intervention à Malo-Dunkerque, dans le cadre de la journée à la mer organisée par la fédération Nord du PCF, Fabien Roussel n’a pu s’empêcher de s’attarder sur l’évolution du patrimoine des 500 plus grandes fortunes de France. Elle est fulgurante depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée, décidément confirmé « président des riches ». « Leur richesse a quasi doublé pour atteindre 1 000 milliards d’euros ! Ce chiffre était de 390 milliards en 2014 pour atteindre 570 milliards en 2017, année de l’élection présidentielle. Rien que les dix premiers totalisent 516 milliards d’euros, plus que le budget de la France ! », s’indigne le candidat communiste. Parmi eux : Bernard Arnault, la famille Hermès, Bettencourt, Pinault, Dassault, Drahi... « Bref, les champions du luxe, de l’armement, des médias ». Pour Fabien Roussel, « il y a de quoi s’interroger sur le fait que c’est le luxe, les armes et les médias qui rapportent le plus ». En réponse, Emmanuel Macron propose notamment la suppression de l’impôt sur la fortune, la suppression de la taxe sur les dividendes, la mise en place du bouclier fiscal pour limiter l’impôt sur les revenus financiers. Autant de mesures qui ont rapporté environ 40 milliards d’euros par an à ces fortunes.

Pouvoir d’achat, jeunesse, retraites

L’occasion était belle pour évoquer le livre que viennent de publier Éric et Alain Bocquet, Milliards en fuite, au Cherche-midi. « N’y a-t-il pas, s’indigne-t-il, une forme d’indécence de voir ainsi cette fortune s’accumuler dans les mains de quelques-uns quand la grande majorité des Français voit son pouvoir d’achat baisser, quand les salaires, les retraites stagnent, voire baissent, quand les factures augmentent ? » D’après les échanges réalisés durant le parcours de la Caravane des jours heureux, les préoccupations des Français portent, dans cet ordre, sur la défense du pouvoir d’achat et des salaires, la jeunesse, les retraites. Le candidat qui se déclare celui du « pouvoir d’achat » rappelle que cette rentrée commence avec des prix qui augmentent : celui de l’essence (+ 50 centimes le litre en un an), le gaz et l’électricité, les mutuelles, les assurances et, à présent, celui du pain et des pâtes. « Voilà ce que nous voulons mettre au cœur de la campagne des élections présidentielle et législatives et je vous le dis : quand nous dirigerons ce pays, si vous le décidez, nous garantirons les prix à la consommation, nous ne laisserons pas le prix du pain, des pâtes, des produits de première nécessité augmenter. C’est possible en ne laissant plus faire ceux qui spéculent sur tout ! (…) Je serai le Président du travail et du pouvoir d’achat  ! » Pas de doute donc : il est impératif de reprendre en main le pouvoir économique. Le candidat entend que les Français doivent décider eux-mêmes de l’utilisation de ces richesses, « de ce que nous devons produire et de quelle manière. Car il y a urgence, pour l’être humain comme pour la planète ».

Produire en France

Concernant l’environnement et l’actualité de ces dernières semaines (incendies dans le Var et inondations en Allemagne et en Belgique), il dit vouloir « faire confiance au monde du travail pour sauver le climat, pour sauver la planète ! Répondre à l’urgence climatique, c’est aussi produire en France, ce dont nous avons besoin en France ! ». Dans le programme, nous trouverons donc des propositions pour mettre en place un moratoire sur les délocalisations d’entreprises et sur le lancement d’un plan de ré-industrialisation du pays. « Avec nous à la tête du pays, l’industrie fera son retour ici, dans nos régions, l’industrie qui crée des emplois en CDI, qui offre des formations de qualité et des perspectives aux jeunes ! Ma priorité c’est de protéger le travail des Français, c’est une société de plein emploi, avec un travail ou une formation pour tous ! Un travail et un salaire pour tous, c’est ça l’horizon, pour nous ! » a-t-il lancé en donnant rendez-vous le 20 novembre à Paris pour un rassemblement sur ce thème.