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Union de la gauche

La solution pour conquérir le Département du Nord

par Marc DE LANGIE
Publié le 16 avril 2021 à 18:42

Parti communiste, Parti socialiste, Europe Écologie les Verts et la France insoumise : les quatre formations politiques présenteront des candidats communs dans la plupart des 41 cantons du Nord lors des prochaines élections des 20 et 27 juin.

« Notre objectif est de maximiser nos chances de l’emporter. D’être présents au second tour » explique Martine Filleul, sénatrice PS et conseillère départementale du Nord. Et d’ajouter qu’avec le PCF, les Verts, et LFI « nous avons beaucoup travaillé, nous partageons le même socle de valeurs, une solidarité humaine, une solidarité sur le territoire ainsi que sur la préservation de l’environnement. Un travail de dentelle pour une solution gagnante ». Un constat partagé avec Mathieu Bayart (responsable PCF pour le Douaisis) et Vincent Dhélin (secrétaire régional EELV Nord-Pas-de-Calais), qui participaient à une conférence de presse commune, le mardi 13 avril à Lille.

Des négociations encore en cours

Le choix des candidats dans les 41 cantons du département se fait en concertation, même si, dans moins d’une dizaine d’entre eux, des négociations sont toujours en cours. « L’élection du conseil départemental n’est pas un scrutin comme les autres puisqu’il se fait par canton, à un échelon local et non pas par liste » indique la sénatrice. L’objectif est la reconquête du Nord, d’entrer dans une nouvelle ère écologique et surtout d’empêcher l’extrême droite d’arriver au second tour. « On a le sentiment que tout peut basculer et permettra de changer de gouvernance. »
Pour cette élection « il y a urgence, il faut agir » estime Martine Filleul, notamment sur le secteur de la santé, sur les besoins concernant les plus fragiles et sur la transition énergétique. « Rattraper le retard face au désengagement cumulé par le président Jean-René Lecerf. » En ligne de mire : Christian Poiret, vice-président actuel, chargé des Finances et du Contrôle de gestion qui portera les couleurs de la droite « et qui a mis tout en œuvre pour faire des économies. Sa gestion n’a fait qu’accentuer les inégalités. Il a été uniquement gestionnaire ».

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Trois thèmes reviendront au cours de cette campagne. La jeunesse d’abord, car la gauche est insatisfaite des moyens éducatifs globaux vus à la baisse, des bourses quasi inexistantes ou encore du recours à des entreprises extérieures pour l’entretien des collèges, sans oublier le manque d’investissement en éducation. Il en va de même pour la solidarité et les services de santé au niveau départemental. La fracture numérique n’est pas oubliée, contribuant à l’isolement de certaines catégories sociales.

Logique de reconquête

En économie, la gestion par la droite s’est traduite par une augmentation de la fiscalité, une double peine pour les citoyens : hausse des impôts, diminution des services publics et de la solidarité, le tout face à une croissance des besoins.
Enfin, l’environnement, où le bilan est « déplorable » souligne Vincent Dhélin. « Il y a tout un travail à faire pour poursuivre la transition énergétique, développer le bio, notamment dans les cantines. Rien n’a été fait au cours de ce mandat, dans un territoire où la pollution est importante et qui comporte plusieurs sites Seveso. »
Ce rassemblement « s’inscrit dans une logique de reconquête de la gauche » confirme le communiste Mathieu Bayart. « Depuis 2015 nous assistons à une décomposition de la politique départementale au niveau social, du territoire. Or notre Département doit être la tête de file pour ses politiques de solidarité et de santé surtout face aux crises actuelles. »
Pour le moment, pas de chef de file, « on verra après le premier tour. On se mettra d’accord sur la personnalité qui sera la plus à même de représenter nos idées. Aujourd’hui, ce n’est pas ça que les électeurs ont envie de savoir », explique Vincent Dhélin.
En attendant, « cette campagne permettra à la gauche de renouer avec le terrain, d’être encore plus à l’écoute des préoccupations des citoyens. Il faut rassembler un électorat qui a l’impression de ne pas être entendu » indique Mathieu Bayart, le tout en espérant que l’absentéisme ne vienne perturber les résultats du scrutin.

(Légende photo : Lors de cette conférence de presse, tenue au siège du PS à Lille (de gauche à droite) : Vincent Dhélin (secrétaire régional EELV Nord-Pas-de-Calais), Martine Filleul (sénatrice et conseillère départementale du Nord) et Mathieu Bayart (responsable PCF pour le Douaisis).)