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Côte d'Opale

À Calais et Boulogne-sur-Mer, des cortèges massifs et rajeunis pour dire non à la réforme

par Etienne Alain
Publié le 10 février 2023 à 14:30

Les manifestations provoquées par la contre-réforme gouvernementale sur les retraites ont à nouveau rassemblé chacune des milliers de personnes dans les rues des grandes villes du Pas-de-Calais.

4 000 à Arras, 5 000 à Calais, 5 500 à Boulogne-sur-Mer, Béthune...
Moins que la semaine précédente, et pas obligatoirement les mêmes personnes. Plus de jeunes étudiants, de précaires et de lycéens un peu partout, pas mal de très grosses boîtes du privé comme à Calais ; et beaucoup plus de familles entières, surtout à Boulogne-sur-Mer où l’on comptait parfois les grands-parents, parents, enfants et petits-enfants de mêmes familles.
À plusieurs endroits, l’intersyndicale ou des syndicats avaient programmé des opérations assez diverses, comme l’opération escargot tenue sur l’A16 entre Oye-Plage et Boulogne-sur-Mer ou les salariés de l’énorme usine Findus sur le site de Capécure à Boulogne-sur-Mer, en lutte également pour l’augmentation des salaires.

Calais, place d’Armes.
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Un seul couac, provoqué par la représentante de l’État à Boulogne-sur-Mer. La sous-préfète avait positionné deux rangs de policiers en tenue de « RoboCop » sur les ponts qui relient la basse ville à l’immense site portuaire de Capécure. Du Darmanin pur jus : c’était pour garantir la sécurité des manifestants qui auraient pu être blessés par les camions des entreprises en activité. Pour les militants boulonnais, la sous-préfète a surtout cédé au patronat local qui craint les manifestations des travailleurs sur les lieux mêmes de leur exploitation, les manifestations étant généralement soutenues y compris par les salariés de la marée même s’ils ne font pas grève. Une décision jugée peu finaude qui témoigne d’une méconnaissance du mouvement social et de son histoire à Boulogne-sur-Mer.
Pour s’en moquer et rappeler leur détermination, une centaine de manifestants ont organisé un rassemblement joyeux en sous-préfecture, avec flambeaux et chants de lutte. Avant de la quitter, ils devaient dessiner un grand « NON » de flambeaux sous ses fenêtres.
Ils devraient être plus nombreux samedi 11 février, où le départ de la manifestation se fait de l’intérieur des remparts de la Vieille Ville.